En France, 30 milliards d'euros pour l'écologie

Texte d’une interview pour Sciences & Avenir - La Recherche

Sur les 100 milliards d’euros du plan de relance annoncé par le Premier ministre Jean Castex, nous avons identifié 30 milliards favorables à l’environnement, dont une vingtaine pour le climat. Ce sont des montants additionnels par rapport aux budgets précédents – c’est en tout cas ce que le gouvernement a indiqué –, qui seront utilisés sur la période 2021-2022.

C’est un bon début mais il ne faudra pas relâcher les efforts ! Globalement, les sommes annoncées sont en ligne avec les besoins de financement que mes collègues et moi avons estimés, au regard de la stratégie nationale de réduction des émissions de CO2. Dans certains domaines, elles sont même plus ambitieuses : la rénovation thermique des bâtiments publics (6 milliards) ; le ferroviaire, où la somme promise (4,7 milliards) va permettre de réaliser des investissements lourds (régénération du réseau…) ; le vélo, où les 150 millions d’euros annoncés serviront, notamment, à amplifier l’aménagement de pistes cyclables. Restent des points de vigilance, comme le secteur de la rénovation privée des bâtiments. Le montant (2,5 milliards) pourrait convenir s’il est envisagé dans une logique de structuration de la filière et s’il continue de croître par la suite, mais rien n’indique que ce sera le cas.

De manière générale, la pérennisation – et même l’amplification – de l’effort budgétaire au-delà de 2022 reste un enjeu crucial : le climat a besoin d’une action dans la durée.

Il y a aussi la question des véhicules. Ces dernières années, le gouvernement a misé sur la prime à la conversion, qui a “boosté” l’essor du véhicule électrique – une bonne chose – mais aussi celui de véhicules thermiques très carbonés (jusqu’à 109 grammes de CO2 par kilomètre, alors que le seuil généralement retenu pour un véhicule bas carbone est 50 g de CO2/km). Or le plan de relance n’a pas fait évoluer les barèmes pour exclure ces véhicules très polluants…

Enfin, il y a l’hydrogène (2 milliards d’euros en 2021-2022 puis 7 milliards d’ici à 2030). Cette technologie pourrait jouer un rôle important dans la décarbonation des économies. Cependant, elle n’est pas encore mature et n’a pas fait la preuve de sa rentabilité économique. On peut donc s’interroger sur le fait d’investir de tels montants à très court terme.

Quentin Perrier, Chercheur fiscalité et budget climat à l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE)

Propos recueillis par Rachel Mulot et Vincent Glavieux



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